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Dheur Sonia

Chercheuse CNRS
UMR5319 Passages
Maison des Suds, Université Bordeaux Montaigne
12 Esplanade des Antilles, 33607 Pessac cedex
Contact : sonia.dheur@cnrs.fr

Diplômée de l’Université Libre de Bruxelles en Sciences zoologiques, j’ai obtenu mon doctorat en Sciences de la Vie au Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris où je me suis intéressée à la façon dont les modifications chimiques de la molécule d’ADN affectent son devenir dans la cellule. En tant que biologiste moléculaire, j’ai poursuivi mes recherches à l’Institut de Biochimie et Génétique Cellulaires (UMR5095 CNRS-Université de Bordeaux) où mes travaux ont porté sur l’expression et la transmission du patrimoine génétique et sur l’épigénétique. Plus récemment, je me suis rapprochée des sciences humaines et sociales en me formant à l’anthropologie, puis en intégrant l’UMR Passages en 2014, où mes recherches concernent la construction des savoirs et la circulation des imaginaires en société entre ses différentes sphères, notamment autour de processus de fabrication de savoirs scientifiques et autour d’activités culturelles instituées. Le façonnement de soi et de notre image du monde, la réflexivité chez tout un chacun que ces activités suscitent, m’interrogent. Mes travaux les plus récents ont porté sur la mise en tension de la conception malgache de l’ancestralité par l’approche génétique, sur la lecture à voix haute et sur le processus narratif et le recours à l’esthétique en sciences.

Depuis 2016, je coordonne en outre le séminaire Présentations poétiques du monde. Ce séminaire est une animation scientifique née d’une hypothèse heuristique, une hypothèse de travail, selon laquelle, au-delà de la volonté rationaliste de tout acteur de la science, il subsisterait dans la parole scientifique un « je ne sais quoi » (expression des Classiques utilisée pour désigner le poétique), quelque chose sur quoi achopperait le logos, qui s’y déroberait, qui excéderait sa volonté objectivante (littéralement celle qui jette devant ma vue, mon point de vue, ma conscience). Et ce « je-ne-sais-quoi de “poétique” », « ce qui reste lorsqu’on a mis des mots sur tout le reste » (Cohen et Reverseau 2017), désignerait un excès de sens, un supplément de sens, qu’il conviendrait alors de chercher à dévoiler si nous voulons être au plus près du réel. Comment ? Par une approche réflexive et sensible des dimensions les moins rationalisées de la pratique scientifique, celles qui ont trait au vécu, à la perception, et donc au corps médiateur, au sensible, aux affects ; mais aux désirs aussi, au désir d’être inscrit dans le monde (ne cherchons-nous pas à être compris, pris avec, pris dedans), au désir ou à la nécessité de dire le monde, d’exprimer une parole et d’exister par cette parole. Or, dire le monde, même pour un acteur de la science, d’une certaine façon c’est toujours dire son monde propre. Un monde deviendrait « objectif » lorsqu’il cesserait d’être vécu pour être pensé, mais la pensée est toujours pensée d’un sujet, portée par une expérience initiale (Roose 1996). Et si le réel est un réservoir de significations, il n’en délivre aucune ; il n’y a de monde que pour un sujet qui lui donne son unité, sa vérité, quelquefois sa beauté, en tout cas sa cohérence, dans une attitude qu’il convient aussi de qualifier de poétique.

En 3 ans, 16 intervenants (presque tous membres de Passages) ont communiqué leur présentation du monde comme autant de témoignages de la présence du poétique en science.

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calendrier des séances 2016-2018