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Appel à communication : Transitions économiques & nouvelles ruralités

mis à jour le 3 mars 2017

L’objet du colloque est d’interroger les enjeux de la transition économique dans la transformation des territoires ruraux dans une optique transcalaire : de l’échelle architecturale à celle des territoires. Aujourd’hui, la pensée de l’aménagement est globalement dominée par le système de pensée économique néolibéral, lié à l’idée de croissance comme réponse incontournable à l’amélioration du cadre de vie des hommes. Ainsi, les sociétés des pays dits développés ont-elles associé leur établissement à des logiques économiques favorisant la consommation et la surproduction. Cette pensée de l’aménagement va à l’encontre des cycles naturels globaux. Elle a notamment engendrée les problèmes écologiques d’échelle planétaire que nous connaissons à présent, tels que : perte de la biodiversité, réchauffement climatique, amenuisement des ressources, crises agricole et alimentaire, etc.
En dépit des multiples « alertes », lancées depuis les années 1970, à la suite notamment des travaux du Club de Rome et du rapport Meadows (« Halte à la croissance »), la logique de croissance n’a jamais été réellement contrariée et remise en question. Au contraire, elle a pu trouver chez certains une forme de légitimité politique, voire de vertu écologique avec la promotion du concept de développement durable et, en France tout particulièrement, de "croissance verte". Or, le processus néolibéral est un système qui s’oppose à la réalité physique et géographique des ressources de notre planète. Comme l’écrit Geneviève Azam, économiste reconnue et militante d’Attac (Azam 2010, p.11), il est urgent « d’engager dès aujourd’hui une transition vers d’autres mondes plus sobres […] qui restituent une capacité d’agir, une prise sur la vie, un sentiment d’appartenance à un monde commun et un lien à la Terre ».
Articuler les « échelles spatiales » de la transition économique

Trois sessions sont proposées pour explorer les ressorts culturels et spatiaux de la transition économique dans les territoires ruraux. Chaque session vise à proposer des expérimentations et/ou des approches théoriques favorisant une échelle d’aménagement spécifique, en faisant valoir ses relations et son interdépendance avec d’autres échelles spatiales et humaines. Les trois échelles proposées sont :
-* Session 1 : L’échelle micro
Echelle de l’organisation du foyer, de l’espace domestique et de la petite entreprise. Elle renvoie aux processus économiques liés à la conception et à la construction d’un édifice. Elle met spécifiquement en avant la pluralité des circuits-courts sur lesquels reposent sa construction, mais aussi l’organisation de la vie quotidienne de ses habitants. Elle est liée à l’émergence de nouvelles structures économiques qui cherchent à être proches de ressources naturelles, matérielles, sociales et énergétiques.
-* Session 2 : L’échelle méso
Echelle du collectif, de la communauté, voire de la petite ville et de ses réseaux de proximité. Elle renvoie à l’espace du territoire dans lequel les systèmes communaux et intercommunaux s’inscrivent. Elle interroge notamment le contenu et l’élaboration des règlements d’urbanisme (SCOT, PLUi) ainsi que leur capacité à intégrer les enjeux propres aux territoires ruraux et à inclure le rôle de ces petites villes.

-* Session 3 : L’échelle macro
Cette session renvoie à l’échelle du territoire régional. Il s’agit d’analyser / rendre compte de la capacité des acteurs d’une région à générer des politiques d’aménagement favorisant la transition économique. Il s’agit également d’examiner les liens d’interdépendance entre ces actions d’échelle régionale et des actions à l’échelle locale.

L’adoption d’une échelle d’analyse ne dispensera pas de traiter ses interactions avec les autres strates, en interrogeant divers principes de solidarité (subsidiarité, convivialité, etc) prévalant entre acteurs, instances et stratégies des diverses catégories spatiales désignées. La prise en compte de l’échelle globale, celle de Gaïa tel que formulé par Bruno Latour (2015), sera de même abordée.