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Séminaire "Présentations poétiques du monde"

mis à jour le 18 avril

Séminaire "Présentations poétiques du monde"

- Lundi 22 mai 2017 à 10 h
Sylvain Guyot (professeur de géographie à l’UBM, UMR Passages) et Pablo Salinas-Kraljevich (doctorant, UMR Passages) (intervention de S. Guyot)

Engager l’art pour engager la recherche : pour une relecture critique et réflexive de l’engagement entre art et géographie.
Je souhaite aborder dans ce séminaire différentes manières d’engager l’art, entre recherche engagée sur les artistes-acteurs et engagement personnel dans une pratique d’art géographique. Pour moi, engager l’art signifie d’abord l’utilisation de l’art au service d’un travail de recherche en géographie politique. Si l’art peut être convoqué comme une entrée méthodologique (ateliers artistiques participatifs…) pour restituer différents types de spatialités et de représentations, les artistes et leurs œuvres peuvent aussi jouer le rôle d’analyseur (ce que disent les œuvres d’une question de recherche) et surtout de prisme de recherche (les artistes comme acteurs, et leurs œuvres comme révélateurs, dans le cadre d’une production territorialisée). Je m’interroge dans ma recherche actuelle sur la portée territoriale de l’engagement des artistes et/ou de leurs œuvres au service d’une « cause » (la préservation de la biodiversité et/ou la « réconciliation » paysagère), et le rôle joué par les commanditaires (commissaires, élus, ONG etc.) qui engagent parfois les artistes au service de leur propre projet. Plusieurs études de cas prises en France, aux Etats-Unis et en Afrique du Sud permettront d’orienter mon propos vers des pratiques concrètes (Refuges d’art, Blackfoot Pathways : Sculpting the Wild, Eden to Addo Corridor, Karoo Geoglyphs). Engager l’art signifie-t-il aussi engager la recherche ? L’entrée artistique est-elle la porte ouverte à un engagement plus grand du chercheur ? Pour ma part, ce prisme artistique oblige aussi à une plus grande réflexivité sur les relations entre subjectivité artistique personnelle et relecture critique des intentionnalités des artistes. J’ai choisi, pour ma part, de m’engager dans une pratique artistique depuis 15 ans, qui s’est résolument tournée vers la géographie ces cinq dernières années. Comment cet engagement esthétique personnel me laisse-t-il plus de liberté pour réinterpréter des (mes) espaces de recherche ? Comment influence-t-il en retour ma pratique de recherche, que ce soit en termes de réflexivité ou de regard (hyper) critique ou (trop) complaisant ?

2- Mardi 20 juin 2017 à 10 h
Laura Menatti (philosophe, PhD, Université du Pays Basque, San Sebastian ; Chercheuse et professeur invitée, Université du Chili et l’Université du Développement - Universidad del Desarrollo/UDD, Santiago de Chile)

Perception du paysage : entre philosophie, psychologie écologique, et éthique
Je souhaite aborder dans ce séminaire le thème de la perception du paysage du point de vue de la philosophie et de la psychologie, pour présenter une approche générale qui intègre les dimensions culturelle, naturaliste et éthique. De fait, on trouve trois niveaux intercroisés dans ma recherche : le premier niveau implique une analyse culturelle du paysage, du lieu et de l’espace à travers la philosophie, la géographie humaine, et la théorie de l’art. Dans ce premier niveau, le paysage est considéré en tant que produit culturel : l’idée de paysage découle, sous cet angle, de la peinture flamande du XVème siècle pour ensuite évoluer vers la notion de “vue” et ultérieurement vers un produit culturel et social. Le deuxième niveau constitue une démarche de naturalisation du paysage et de la théorie du paysage. Il s’agit d’élargir la théorie du paysage en y intégrant des postulats contemporains sur l’environnement et l’écologie. Cette deuxième ligne de recherche s’inspire des travaux pionniers qui relient l’esthétique et l’écologie et fait un pas en avant vers la naturalisation du paysage à travers le concept d’affordance et la psychologie écologique. Plus particulièrement, elle est basée sur la théorie de J. Gibson sur l’affordance, considérée comme un outil essentiel et un pont conceptuel afin d’expliquer la complexité du paysage en tant que relation réciproque entre percepteur (son histoire culturelle, son mouvement et son corps) et les possibilités de perception offertes par le lieu lui-même. Enfin, le troisième niveau, dont la portée n’est en rien inférieure aux autres, concerne l’analyse éthique du concept de commun, conçu en rapport aux droits de l’homme. Il en découle l’idée que le paysage est un droit et, d’une manière plus spécifique, le droit d’habiter un paysage sain et culturellement riche. Le rapport entre bien-être, santé en tant qu’autonomie et l’effet du paysage sur notre système sanitaire est un prolongement naturel de ma recherche.

Agenda

séminaire

  • Lundi 22 mai 10:00-12:00 - Sylvain Guyot et Pablo Salinas-Kraljevich

    Séminaire "Présentations poétiques du monde"

    Lieu : Maison des Suds, Pessac


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