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Atelier Transversal « Mise en chiffre, mise en carte, mise en ordre du monde : approches critiques des métrologies de l’espace », 15 mars

mis à jour le 9 mars

Atelier Transversal « Mise en chiffre, mise en carte, mise en ordre du monde : approches critiques des métrologies de l'espace », 15 mars

Atelier "Métrologies critiques" de l’UMR Passages "Mise en chiffre, mise en carte, mise en ordre du monde : approches critiques des métrologies de l’espace"

Jeudi 15 mars 2018 - 14 h à 17 h, UFR Droit éco gestion, salle de conseil, UPPA, Pau

« Géographies de la contamination : mesurer et représenter la radioactivité des espaces » par Romain Garcier (ENS Lyon)


Résumé :
Les science and technology studies ont depuis longtemps montré que la production d’informations quantitatives sur les phénomènes physiques ou sociaux est un processus précaire mais fonctionnellement essentiel pour : établir une hiérarchie des phénomènes ; s’assurer de l’existence d’entités postulées (Pickering, Constructing quarks) ; produire un accord sur un état du monde (Barry, Material politics) ; mais aussi, fonder certaines formes de gouvernementalité, et donc, permettre l’action publique (Desrosières, La politique des grands nombres). Cette communication porte sur un travail en cours qui s’interroge sur la mesure de la radioactivité des espaces. La radioactivité est imperceptible par les sens : son identification et sa mesure dépendent entièrement d’un appareillage technique dont les résultats ne sont pas facilement interprétables et donc, reposent sur des référentiels d’interprétation largement conventionnels. De ce fait, la radioactivité présente un cas extrême des enjeux de la métrologie, dont la catastrophe de Fukushima a rendu évidente la charge politique (par exemple, en donnant naissance à des campagnes de mesures citoyennes contestant la manière officielle de mesurer la radioactivité). En revenant sur deux situations relatives au nucléaire en régime normal (la mesure de la radioactivité des installations nucléaires en démantèlement : projet METROPOLITIN, PIA/ANDRA) et en régime catastrophique (la catastrophe de Tchernobyl), la communication analyse la difficulté de rapporter la mesure de la radioactivité à l’espace (et donc à la matière) dont elle est censée être représentative. Cela permet d’ouvrir à trois séries de questionnements géographiques : quel sens donner à la représentation cartographique de la radioactivité des espaces ? Quelle relation établir entre radioactivité des espaces et protection des corps ? Quelles conclusions en tirer pour le gouvernement des matériaux contaminés et des déchets radioactifs ?