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Vient de paraître : "Les lieux de mobilité en question"

mis à jour le 28 mai


Le lieu n’est pas mort ! Bien au contraire, il reste au coeur de l’expérience quotidienne (ou exceptionnelle) de tout un chacun. La mondialisation ne l’a en rien vidé de sa substance. En ce début de XXIe, elle le réactive et le met en mouvement. Flux, trajectoires, accélérations, massifications en sont des variables, des enjeux et des catégories d’analyses clés que cet ouvrage fait le pari d’explorer. Résolument interdisciplinaire, il choisit d’aborder les lieux au prisme des mobilités pour poser les jalons de ce que sont aujourd’hui les « lieux de mobilité ». Ce faisant, il réactualise la réflexion entreprise par les géographes anglosaxons à partir des années 1980 sur le sense of place en s’inscrivant dans celle des chercheurs français sur la question des ambiances et sur ce qui, dans un espace et une situation donnés, fait ou peut faire lieu.

À travers sept approches différentes, il montre comment la notion de lieu – irréductible à celles d’espace ou de territoire – est prise dans une série cumulative de tensions : entre matériel et symbolique, subjectif et objectif, individuel et collectif. Il en décline la diversité des situations, des acteurs, mais aussi des politiques, stratégies et répertoires d’actions impliqués dans les processus de production des lieux.

Fruit de plusieurs disciplines et terrains, l’originalité de l’ouvrage est de ne pas réduire la polysémie de la notion et de centrer son analyse sur les ambiguïtés qui le composent : il signifie ainsi qu’il ne peut y avoir de lieu absolu, mais uniquement des configurations inscrites dans des logiques plurielles relevant à la fois de l’ancrage, de la relation et du mouvement. Un lieu n’est pas un tableau, figé ou définitif, c’est une scène.

Le lieu comme scène ou configuration lie la mobilité des personnes (circulation physique et trajectoire de vie) et la mobilité des lieux, qu’elle soit là aussi déplacement littéral ou transformation du « sens ». C’est ainsi le rôle du lieu dans les trajectoires de mobilité qui est ici mis en avant de manière transversale. Prend alors forme une réflexion contemporaine sur les temporalités comme nouvelle grille de lecture du croisement entre « lieu » et « mobilité ».

Céline Barrère, sociologue et urbaniste, est maître-assistante en SHS à l’École nationale supérieure d’architecture et de paysage de Lille. Elle est chercheure au LACTH (Laboratoire Conception/Territoire/Histoire) et associée au Centre de recherche sur l’habitat CRH-LAVUE UMR7218 (Laboratoire Architecture, Ville, urbanisme, Environnement).

Caroline Rozenholc est géographe, maître-assistante associée à l’École nationale supérieure d’architecture Paris-Val de Seine et à l’École nationale supérieure d’architecture Paris-La Villette et chercheure au Centre de recherche sur l’habitat (CRH-LAVUE).

Ont également contribué à cet ouvrage : Pierre-Louis Ballot, Davia Benedetti, France Guérin-Pace, Ninon Huerta, Christophe Imbert, Marion Kameneff, Martin Minost, Marc-Antoine Morier, Emma-Sophie Mouret, Pierre-Yves Trouillet.