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Vient de paraître : Vignes et vins, paysages et civilisations millénaires

mis à jour le 12 octobre

Paysages et civlisations millénaires, Raphaël Schirmer (dir.), aux Editions Glénat, Collection : La Société de géographie - La Société des explorateurs, EAN/ISBN : 9782344027745.

« Le vin est semblable à l’homme : on ne saura jamais jusqu’à quel point on peut l’estimer et le mépriser, l’aimer et le haïr, ni combien d’actions sublimes ou de forfaits monstrueux il est capable. Ne soyons donc pas plus cruels envers lui qu’envers nous-mêmes, et traitons-le comme notre égal » écrit Charles Baudelaire. Notre égal, parce qu’il est tout bonnement le miroir dans lequel se reflètent nos sociétés.

Un miroir qui offre justement de contempler la réalisation « d’actions sublimes » ou de réprouver celles de « forfaits monstrueux ». C’est sans doute à travers les paysages que les premières se matérialisent le mieux. Que des sociétés paysannes aient été capables de construire de sublimes paysages viti-vinicoles ne doit rien au hasard. C’est justement parce qu’elles sont en interaction avec la ville, ou des villes, qu’elles se sont engagées dans cette voie.

La ville est incontournable pour qui veut comprendre un vignoble. Il est dès lors nécessaire d’inverser la focale qui permet de lire le monde de la vigne et du vin. Et pourtant, l’essentiel des ouvrages sur la question part de la vigne, et élabore des théories plus ou moins convaincantes sur le rôle du milieu. Ce sont tantôt les bontés du soleil, tantôt un sol remarquable, tantôt encore un cépage décrit comme fabuleux, qui sont mis en exergue. Une telle optique gomme les sociétés humaines. Les consommateurs sont les grands oubliés de ces analyses et le rôle multiforme des villes est passé sous silence.

Or, la vigne et le vin sont objets de civilisation. C’est dans l’imaginaire des sociétés que sont à chercher les éléments d’explication en ce qui concerne la qualité des vins, leur géographie, ou les paysages qui les composent. Ils ne sont finalement que les miroirs des aspirations de nos sociétés d’urbains. Ils renseignent tant sur un ordre du monde, sur l’organisation des sociétés, que sur leurs croyances ou leurs mythes, ou encore sur une esthétique. Autant de points inféodés à la marche des sociétés et à la manière dont elles se représentent le monde.