Le rôle de l'espace dans la construction des savoirs naturalistes locaux.

Le rôle de l’espace dans la construction des savoirs naturalistes locaux. Le cas des éleveurs de brebis des Pyrénées occidentales (France-Espagne)

Membres du Jury

Directeurs de thèse : Yves Poinsot, Juan Cruz Alberdi Collantes et Marion Charbonneau

– Juan Cruz Alberdi Collantes, Professeur, Université du Pays Basque (Espagne)

– Marion Charbonneau, Maître de conférences, Université de Pau et des Pays de l’Adour

– Daniele Magda, Directeur de recherche INRA, INRA Toulouse Midi Pyrénées

– Jean-Paul Metailie, Directeur de recherche CNRS, Université Toulouse II Jean-Jaurès

– Francisco Pellicer Corellano, Professeur émérite, Université de Saragosse (Espagne)

– Yves Poinsot, Professeur des Universités, Université de Pau et des Pays de l’Adour

 

Résumé

La Convention sur la Diversité Biologique reconnait le rôle joué par les agriculteurs traditionnels du Sud dans la conservation de la biodiversité et incite à une meilleure prise en compte de leurs savoirs locaux. Pourtant, dans les zones HNV, le rôle que joue l’élevage dans le façonnement de milieux et de paysages riches en biodiversité dmeure mal reconnu par les structures para-agricoles et environnementales, provoquant des tensions liées aux réglementations émergeantes. Dans les Pyrénées occidentales (France-Espagne) les aides de la PAC imposent ainsi aux éleveurs des pratiques dont la  légitimité et l’efficacité sont contestables à leurs yeux. Pour faciliter l’échange entre les experts concevant ces mesures, détenteurs de savoirs savants, et les éleveurs, détenteurs de savoirs naturalistes locaux, cette thèse cherche à mettre en lumière la nature et les conditions de leur élaboration. Elle fait l’hypothèse que les pratiques spatiales de chaque exploitant, à l’articulation de l’organisation géographique de son espace productif et de son mode « d’habiter l’espace », jouent un rôle déterminant dans les observations qu’il réalise. Elle considère aussi qu’au-delà du processus individuel d’acquisition des savoirs, les échanges intervenant entre les voisins proches, sur les phénomènes observés ou sur les mesures permettant le contrôle d’espèces à problème, enrichissent et solidifient le contenu de ces savoirs. L’étude s’appuie sur une phase d’observation participante de plusieurs mois auprès de 6 éleveurs, puis sur une enquête approfondie réalisée auprès de 38 éleveurs du piémont et de la montagne basque et béarnaise ainsi que des collines de Guipuzcoa, Elle fait apparaître un fond de savoirs communs à tous, concernant pour l’essentiel des espèces végétales à problème. Mais des disparités importantes sont mises en lumière en fonction du contexte écologique de l’exploitation, de la nature des relations entretenues avec le voisinage, des pratiques personnelles de l’éleveur (chasseur, transhumant) et de sa représentation du rôle qu’il doit jouer à  l’égard du milieu.

Mots-clés : Savoirs naturalistes locaux, élevage, Pyrénées, proximité, géographie des pratiques

CNRS
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