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Soutenance de thèse Tam Tien Nguyen

Tien Tam Nguyen soutiendra sa thèse intitulée : « L’eau dans les paysages péri-urbains à l’ouest de Hanoï (Vietnam). Etat des lieux et enjeux pour des projets d’aménagement durable. Le cas des districts de Hoài Đức, de Đan Phượng et de Phúc Thọ » le vendredi 02 décembre 2022 à 14 h.
Écrire à Tien Tam Nguyen pour suivre la soutenance.

Composition du Jury :
– Bernard Davasse, Professeur à l’ENSAP de Bordeaux, co-directeur de thèse
– Bruno Proth, Professeur à l’ENSA de Normandie, rapporteur
– Laurence Le Du-Blayo, Maître de conférences HDR à l’Université Rennes 2, rapportrice
– Pierre Fernandez, Professeur à l’ENSA de Toulouse, président du jury
– Thai Huyen Nguyen, Professeur à l’Université d’Architecture de Hanoi, co-directrice de thèse.

Résumé :
Cette thèse porte sur la place de l’eau dans les paysages urbains et péri-urbains de la ville de Hanoï. Elle s’est plus particulièrement intéressée aux enjeux qui résultent de la disparition des surfaces en eau libre et de la modification des réseaux hydrauliques sous l’effet d’une forte extension des zones urbanisées dans le bassin-versant du Nhuệ – Đáy. La récente accélération du processus d’urbanisation et son extension à l’échelle régionale ont provoqué un impact inéluctable sur des paysages traditionnellement caractérisés par la présence de l’eau. Ainsi, durant ces 40 dernières années, Hanoï aurait connu la disparition de plus 80% de ses plans d’eau. Or, l’eau est un élément fondateur d’une ville située au coeur du delta du Fleuve Rouge, mais aussi de toute une région-capitale structurée par un réseau hydraulique très hiérarchisé et très complexe.

L’hypothèse de recherche sur laquelle repose les investigations réalisées consiste à considérer que (re)donner une plus grande place à l’eau dans les projets de (ré)aménagement urbain permettrait de rendre la ville plus durable, en la rendant plus vivable et plus attractive tout en intégrant des objectifs de maintien d’une certaine biodiversité. En portant ainsi l’attention sur les enjeux de développement durable, l’objectif de cette thèse est de mettre en avant tout le potentiel que représentent les étendues d’eau libre (cours d’eau, lacs, bassins, canaux et fossés, etc.) et les milieux associés pour concevoir d’autres projets d’aménagement urbain que ceux consistant à les combler ou à les remblayer. Il est aussi de considérer que préserver ou restaurer ces espaces liées à l’eau peut permettre de les ouvrir à d’autres pratiques (promenade, pêche, baignade, etc.), ce qui est susceptible d’amener une plus-value paysagère et récréative.

C’est dans cette perspective que cette thèse a fait le choix de prendre le paysage comme ligne directrice. Sur la base d’une démarche d’investigation située, combinant relevés sur le terrain, observations participantes et entretiens in situ, les résultats obtenus montrent les effets délétères d’une urbanisation à marche forcée. Les nombreux remblaiements nécessaires à l’implantation des axes de circulation et des zones habités, commerciales ou industrielles déstructurent le réseau hydraulique existant, détruisant les continuités écologiques existantes et bouleversant les paysages de l’eau associés. L’intense spéculation foncière qui existe autour de ces changements ne profitent que rarement aux habitants des territoires concernés. Quant à la planification urbaine, elle est trop souvent fondée sur une approche simplement fonctionnaliste de l’espace, relevant d’une démarche de type « top-down »et soumise à des enjeux financiers dont l’opacité est la règle.

La recherche met également en évidence des dynamiques divergentes à l’échelle locale. D’une part, les observations de terrain et les entretiens conduits confirment la dynamique générale de remblaiement des surfaces en eau libre et le fait qu’elles sont aujourd’hui considérées par la plupart des habitants comme des réserves foncières. D’autre part, ces observations et entretiens témoignent aussi de formes de résistances/participations locales (municipales et habitantes) à des (ré)aménagements récents en lien avec l’eau. Cette participation permet notamment de s’approprier des projets d’aménagement portés par le pouvoir central et de faire en sorte qu’ils s’ajustent aux aspirations et aux pratiques paysagères, sociales et spatiales des habitants. C’est notamment le cas des « étangs de l’environnement » (« Ao Môi Trường »), mis en oeuvre dans le cadre d’une politique nationale mise en place en 2010, qui constitue un exemple de l’imbrication des systèmes socio-politiques telle qu’elle apparaît dans la fabrique territoriale au Vietnam.

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