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Soutenance de thèse Zoé Ginter jeudi 5 janvier 2023

Zoé Ginter soutiendra sa thèse intitulée « Imaginaires arborés, attentes contrariées et pratiques de la marge. Géographie sociale et historique du Robinia pseudoacacia dans le Sud-Ouest de la France » le jeudi 5 janvier 2023 à 14 h 30 à la Maison des Suds (Pessac).

Jury :

  • Christine Bouisset, Maîtresse de conférences HDR, Université de Pau et des Pays de l’Adour, rapportrice
  • Laurent Couderchet, Professeur des universités, Université Bordeaux Montaigne, directeur de thèse
  • Samuel Depraz, Directeur de la recherche, ESPI2R, examinateur
  • Baptiste Hautdidier, Ingénieur-chercheur, Inrae, co-encadrant
  • Christian Kull, Professeur ordinaire, Université de Lausanne, examinateur
  • Amélie Robert, Maîtresse de conférences, Université de Picardie, examinatrice
  • Jean-Louis Yengué, Professeur des Universités, Université de Poitiers, rapporteur

Résumé

Cette thèse interroge la pertinence du concept de marge (et des dynamiques afférentes) pour penser les objets non-humains, à travers l’exemple du Robinia pseudoacacia dans le Sud-Ouest de la France. La trajectoire de cet arbre s’y révèle singulière à divers égards : introduit de l’Amérique du Nord comme objet d’ornement au XVIIe siècle, « l’acacia » (dans son usage vernaculaire) a connu plusieurs moments d’exhortation et d’oubli relatif, tout en maintenant, dans le bordelais, une relation particulière avec le vignoble. Partout et nulle part à la fois, paysanne et forestière, sauvage et cultivée, valorisée et invisible, l’espèce suscite des questionnements hétéroclites. Pour y répondre, la recherche s’appuie sur les champs disciplinaires de la géographie sociale et culturelle de l’environnement et de l’histoire environnementale, mobilisant matériaux d’archives, cartographies et enquêtes qualitatives. La première partie de la thèse précise le concept de marge ainsi que ses multiples appropriations par les sciences sociales, afin de proposer des pistes de lecture pour analyser nos relations avec les objets non-humains, tout particulièrement le végétal ligneux. La deuxième partie propose une lecture croisée des trajectoires de l’espèce à différentes échelles à partir d’un corpus de sources historiques (XVIIe – XXe ), démontrant à la fois la labilité de la marge dans le temps et dans l’espace et son caractère relationnel. La dernière partie analyse, quant à elle, ce qui fait la singularité de l’arbre, aussi bien dans sa matérialité que dans l’appropriation dont elle est l’objet. De ces récits croisés émerge le constat convergent que ce qui fait ici la marge nait d’une triple résistance : aux normes, aux processus de catégorisation et aux changements d’échelle. Si la marge offre des repères heuristiques pour qualifier des dynamiques sociales et écologiques sur lesquelles le cas « robinier » offre une prise, les trajectoires ainsi décrites permettent en retour de penser les natures de ce qui fait la marge et de ce que la marge fait. Nous montrons ainsi la nature des antagonismes des manières de se représenter et de s’approprier l’espèce et les espaces qu’elle occupe De ces effets de marges naissent des agencements socionaturels qui témoignent de la diversité des manières de faire ou de laisser faire avec l’arbre. Finalement, les récits construits autour de ces pratiques de la marge sont à même de fournir un éclairage original sur les économies politiques des espaces boisés, la façon dont ils sont imaginés et appropriés dans le temps.

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