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Soutenance HDR Matthieu Noucher 7 décembre

Matthieu Noucher soutiendra son Habilitation à Diriger des Recherches (HDR) en géographie intitulée « Des blancs des cartes aux boites noires algorithmiques. Une immersion dans l’inégale géonumérisation du Monde » le mercredi 7 décembre à 14h sur le campus de l’Université Bordeaux Montaigne.

Elle se tiendra en mode hybride, à la fois dans l’amphithéâtre de la Maison des Suds (12 esplanade des Antilles à Pessac) et en visioconférence.De même, celles et ceux qui souhaitent y assister en visio sont invités à m’envoyer un mail pour que je leur fasse suivre le lien Zoom la veille.

Membres du jury :
• Béatrice Collignon, Professeure de géographie à l’Université Bordeaux Montaigne,
• Bernard Debarbieux, Professeur de géographie à l’Université de Genève (président),
• Jérôme Denis, Professeur de sociologie à l’École des Mines de Paris (rapporteur),
• Caroline Desbiens, Professeure de géographie à l’Université Laval, Québec,
• Henri Desbois, Maître de conférences HDR de géographie à l’Université Paris-Nanterre (rapporteur),
• Françoise Gourmelon, Directrice de recherche en géographie / géomatique au CNRS,
• Thierry Joliveau, Professeur de géographie / géomatique à l’Université de St Etienne (garant).

Résumé
Toute cartographie présente ses propres blancs, ses lacunes ou ses oublis, volontaires ou inconscients. Les historiens de la cartographie ont souligné les enjeux politiques de ces silences cartographiques, en particulier durant les périodes de conquête coloniale. Je fais alors l’hypothèse, dans le volume 1 de ce dossier d’HDR, que les blancs des cartes, loin d’être obsolètes, ont aujourd’hui encore, un potentiel heuristique pour analyser les enjeux politiques de l’information géographique numérique. Alors que l’État n’a plus le monopole pour blanchir ou noircir la carte, comment les vides cartographiques sont-ils mobilisés par les différentes parties prenantes ? Quels enjeux de (dé-)régulation informationnelle sont mis en évidence dès lors qu’on s’intéresse aux logiques d’omission aujourd’hui à l’œuvre ? Face à l’illusion d’un « déluge de données », comment explorer les boites noires algorithmiques qui masquent l’inégale géonumérisation du Monde ? Pour tenter de répondre à ces questions, l’Amazonie, plus particulièrement la Guyane, se révèle être un terrain privilégié. Historiquement et symboliquement marquée par les blancs des cartes, cette marge territoriale peut, à bien des égards, être aussi considérée comme une marge cartographique. Les enquêtes menées au sein de trois dispositifs sociotechniques autour de la détection de l’orpaillage illégal, de la mesure de la biodiversité et de la cartographie des habitats informels permettent d’explorer des systèmes issus des sphères institutionnelle, scientifique, citoyenne et autochtone. En défendant l’importance de l’empirie pour rester au plus proche des acteurs (producteurs et utilisateurs), des systèmes (codes et données) et des méthodes (in situ et à distance) et en développant une approche à la fois multi-située et interdisciplinaire associant géographie, sciences de l’information géographique et STS, j’inscris cette recherche dans le champ émergent des critical data studies. En m’appuyant sur ces études de cas, j’initie également une réflexion transversale sur les deux principales modalités de résistance au comblement des blancs des cartes observées des rives du Maroni aux confins de l’Oyapock : la contre-cartographie et la fugue cartographique. Ce faisant, cette contribution permet d’envisager, d’une part, une géographie des ignorances géonumériques qui révèle des savoirs oubliés, masqués ou détruits et, d’autre part, une géographie des résistances géonumériques qui rende visible des alternatives aux représentations spatiales dominantes. Considérées ensemble, ces deux logiques d’indiscipline (carto-)graphique permettent d’appréhender les blancs des cartes contemporaines comme une opportunité de diversifier nos manières de voir le Monde.
Le volume 2 présente mon parcours professionnel depuis deux décennies, et tente de montrer comment je me suis progressivement inscrit dans le champ des approches critiques des sciences de l’information géographique. Construite autour d’une quinzaine de verbes à l’infinitif (révéler, arpenter, trianguler, se dépayser, s’extirper, enseigner, accompagner, évaluer, être évalué, se projeter, échouer…), la première partie revient sur mon parcours et mon quotidien de chercheur et tente de montrer comment ces éléments éclairent ma posture et mes orientations de recherche. La deuxième partie propose une sélection de ma production scientifique : une trentaine de publications y sont rassemblées et commentées autour de cinq trajectoires et trois bifurcations éditoriales. Enfin, la troisième partie est constituée de mon CV académique détaillé.

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